Software Asset Management : comment se lancer ?

Les DSI le savent : l’optimisation des licences devient vitale. Pourtant, beaucoup hésitent encore à se lancer dans une véritable démarche de Software Asset Management. Comment lever les derniers freins ?


100 millions de dollars économisés en quelques années. Grâce au Software Asset Management (SAM), la Nasa a pu réallouer des sommes considérables sur son cœur de métier : l’aérospatial.

« En France, nous avons déjà accompagné une mutuelle qui a économisé plusieurs millions d’euros en moins de cinq ans grâce à une gestion optimisée des actifs logiciels », assure Philippe Humeau, président de Wise IT, cabinet spécialisé dans le Software Asset Management. Comment expliquer de telles économies de coût ? 

 

 

Entre agression des éditeurs et mauvaise gestion logicielle

« Nous assistons ces dernières années à une multiplication des audits et des redressements de la part des éditeurs de logiciels leaders. Or, aujourd’hui, peu de sociétés sont en conformité vis-à-vis de ses éditeurs tant la gestion des licences devient complexe », analyse Sergio Ribeiro, PreSales Manager chez Matrix42. Les chiffres du Gartner parlent d’eux-mêmes : de 54 % des entreprises auditées en 2009, la proportion est passée à 68 %, cinq ans plus tard. 

 

En plus de ce risque de redressement, s’ajoute un second paramètre qui rogne discrètement sur les dépenses de la DSI : la non-utilisation des licences acquises. Ainsi, selon Opinion Matters Research, 23 % des nouvelles applications ne sont simplement pas utilisées par les collaborateurs, ce qui équivaut à une somme de 135 euros par an et par utilisateur dépensée inutilement. Entrer dans une démarche de « compliance » puis d’optimisation des actifs logiciels devient donc vital pour les DSI. Mais comment s’y prendre ?

 

Comment choisir son outil de Software Asset Management ?

« Plusieurs critères entrent en ligne de compte lors du choix de son outil SAM qui doit être en mesure de collecter, simplifier et normaliser la donnée quels que soient sa source et son langage », détaille Sergio Ribeiro. De plus, l’outil SAM doit aller au-delà de la simple collecte d’informations et doit proposer des interfaces ergonomiques afin de simplifier la prise de décision en s’appuyant sur des données pertinentes partageables avec toutes les parties prenantes de la gestion des licences. 

 

SAM : une méthodologie en trois paliers

« Au-delà de l’outil SAM en lui-même, le Software Asset Management représente un véritable chantier d’entreprise, une transformation organisationnelle qui implique tous les collaborateurs de l’IT. Par conséquent, la démarche peut faire peur à certains DSI », relate Philippe Humeau. Pour cette raison, l’expert du SAM conseille  une démarche pragmatique par paliers : 

 

   1. Définir les priorités : dans nombre d’entreprises, les datacenters concentrent la majorité des coûts logiciels, après les postes de travail. Dans ce cas, le SAM devra commencer par ces datacenters.

 

   2. Modéliser le cycle de vie des actifs logiciels : de l’achat à la configuration en passant par l’installation, les équipes en charge du SAM identifient les acteurs, les inventaires et les processus à mettre en place pour chaque actif logiciel.

 

   3. Publier des rapports réguliers : tous les acteurs (internes ou externes) ont accès à des rapports sur l’utilisation des actifs logiciels. Les informations doivent être communiquées et les utilisateurs sensibilisés à la problématique. À l’issue de ces étapes, l’entreprise sera ainsi en conformité intégrale vis-à-vis de sa gestion des licences et aura même optimisé le coût total de possession (TCO) de ses logiciels. « Pour entamer cette démarche, il devient indispensable de nommer une équipe en charge du SAM. Les pénalités d’un éditeur peuvent s’élever à plusieurs millions d’euros ! », conclut Philippe Humeau.

 

Sergio Ribeiro À propos de Sergio Ribeiro 

Sergio Ribeiro est fort de 18 années d’expérience dans le secteur des  technologies de l’information en tant que Pre-Sales. Après avoir travaillé  chez un intégrateur jusqu’en 2002, Sergio rejoint un éditeur pendant 14  ans avant de prendre en charge la direction technique de Matrix42  France.

 

 

 

 

À propos de Philippe Humeau Philippe Humeau
Philippe Humeau démarre sa carrière en 1998 comme pupitreur grand  système, puis responsable de centre de support utilisateur. En 2004, il  intègre le groupe Altran où il intervient sur la gestion des processus de  support informatique. En 2014, il se lance dans un projet entrepreneurial  en créant Wise IT Conseil, société de conseil sur la transformation  numérique.